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Comment aider les victimes de violence durant le confinement

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Le confinement a entraîné avec lui son lot de difficultés, comme l’extrême solitude, le fait qu’on se tape sur les nerfs les uns les autres, les difficultés de déplacement, l’école à la maison et les restrictions familiales entre quatre murs. Heureusement, c’est également l’occasion de se rapprocher des membres de notre famille.

Par contre, certains sont pris à la maison 24 heures sur 24 avec une personne violente. Et au Royaume-Uni, après quelques semaines de confinement, des rapports préoccupants provenant d’organismes qui travaillent auprès des victimes de violence familiale ont commencé à faire surface. En effet, Refuge, le plus important organisme de ce genre, a rapporté, le 6 avril dernier, des augmentations de 700 % de la fréquentation de son site internet et de 120 % des appels pour des renseignements et des conseils.

Ces développements ont inspiré toute une gamme de solutions créatives au problème. Une présentatrice du journal de la British Broadcasting Corporation (BBC) a écrit le numéro de téléphone de la ligne d’aide nationale pour les victimes de violence familiale sur sa main afin que les téléspectateurs puissent le voir. Une grande chaîne de pharmacies offre, quant à elle, d’aider les victimes qui demandent une consultation personnelle. On les amène ensuite dans une salle privée où un conseiller formé les aide à trouver un endroit sécuritaire où aller.

« En tant que directrice des ministères de la Famille de la Division transeuropéenne, je ne reçois pas souvent d’appels ou de courriels me demandant quoi faire en cas de violence familiale, a commenté Karen Holford. Mais après avoir reçu plusieurs demandes en une seule semaine, j’ai réalisé que nous devions agir en offrant de la formation à nos directeurs ministériels dans les unions. »

Le niveau de formation reçue par les pasteurs sur l’intervention en cas de violence familiale varie grandement dans la Division, tout comme le niveau de soutien aux victimes à l’échelle nationale et locale. Chose certaine, aucun pasteur n’était formé pour gérer des cas de violence familiale en contexte de confinement dû à une pandémie.

« J’ai appris en même temps que les travailleurs sur le terrain, a-t-elle admis. La plupart d’entre eux n’étaient jamais intervenus en situation de violence familiale, alors nous nous sommes aidés les uns les autres dans notre apprentissage face à cette difficulté. L’un des pasteurs a eu l’idée de créer un document Google en ligne pour partager de l’information sur la violence familiale avec une victime de violence conjugale. Son agresseur avait accès à son téléphone plusieurs fois par jour, alors il n’était pas sécuritaire de lui envoyer des messages. Elle ne pouvait pas non plus chercher de conseils en ligne, à moins que le site internet n’ait un bouton d’échappement rapide qui effaçait même l’historique. »

Le document Google servait à partager des idées, à « clavarder », à vérifier qu’elle était toujours en sécurité et à lui recommander de placer ses documents importants, ses renseignements financiers, son passeport, ses vêtements et ses biens précieux en lieu sûr au cas où elle devrait partir précipitamment.

Heureusement, cette histoire a connu une fin heureuse, mais seulement grâce aux préoccupations du pasteur, qui lui ont donné le courage de parler. Il pourrait y avoir des milliers de personnes dans nos églises, nos familles et nos communautés qui sont gravement à risque de violence en ce moment. En leur tendant la main, vous pourriez leur sauver la vie.

Comment aider une victime de violence en temps de confinement

Lorsqu’on désire aider une personne à risque, il est important de comprendre plusieurs aspects de la violence.

  • Comprenez les différents types de violence : physique, sexuelle, psychologique, spirituelle et financière. Les victimes peuvent également être privées de choses dont elles ont besoin, négligées ou restreintes dans leurs mouvements. La personne qui vit avec des restrictions ou de la détresse, ou dont une autre personne tente de contrôler les actions, pourrait aussi être victime de violence. Beaucoup de femmes vivent leur première expérience de violence lorsqu’elles sont enceintes.
  • Éduquez les membres d’église afin qu’ils sachent quoi surveiller chez leurs amis, les membres de leur famille et leurs voisins. Ils pourraient entendre des cris agressifs, des pleurs d’enfants ou d’adultes qui durent anormalement longtemps, des bruits d’objets lancés ou brisés ou quelqu’un qui se fait frapper ou blesser. Des victimes pourraient également être enfermées à l’extérieur sans chaussures ou vêtements adéquats et sans téléphone ni argent.
  • Assurez-vous de savoir quelle assistance est disponible pour les victimes de violence familiale dans votre pays ou région durant le confinement.
  • Dressez la liste de toutes les assistances téléphoniques et de tous les services relatifs à la violence familiale de votre pays et affichez-la sur la page d’accueil du site internet de votre église, joignez-la à vos infolettres, insérez-la dans vos programmes de culte et les annonces que vous projetez sur écran.
  • Partagez des renseignements utiles et des nouvelles sur les pages de vos réseaux sociaux personnels afin d’informer les victimes sur les ressources d’aide disponibles.
  • En prière, réfléchissez à chacun de vos membres et aux autres personnes de votre liste de contacts et demandez-vous si vous avez pu observer des indices qu’ils pourraient être dans une relation violente.
  • Lorsqu’une victime de violence vous raconte ce qui lui est arrivé, écoutez-la attentivement et croyez-la.
  • Ne parlez jamais à l’agresseur de ce que la victime vous a dit. Sachez que le moment le plus dangereux pour la victime est celui où l’agresseur apprend qu’elle s’est ouverte sur leur relation.
  • La victime doit prendre ses propres décisions quant à ce qu’elle fera et le moment où elle partira, car elle doit le faire en toute liberté et sécurité.
  • Lorsque c’est possible, aidez la victime qui ne se sent pas en sécurité à contacter la police ou les services appropriés afin qu’elle puisse quitter la maison. L’aider à fuir une relation violente est une tâche délicate. Ainsi, si vous tentez de l’accomplir par vous-même, vous pourriez intensifier le danger tant pour elle que pour vous-même.
  • Pour communiquer avec une personne à risque, choisissez des moyens sécuritaires et intraçables, comme un document en ligne protégé par un mot de passe, et informez-la qu’elle peut vous contacter à tout moment sécuritaire.
  • Encouragez la personne à tenir un journal des épisodes de violence, au cas où elle devrait montrer des preuves à la police ou à un avocat. Les entrées devraient contenir l’heure des sévices physiques, des menaces verbales, des textos intimidants, des conversations agressives, etc.
  • Lorsque la victime est en lieu sûr, demandez-lui quels sont ses autres besoins pratiques et spirituels et faites votre possible pour y répondre.

La version originale de cet article a été publiée sur le site de nouvelles de la Division transeuropéenne.

Source : Communication DIA


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